Icône Saint Pantéléïmone
Réalisation de juillet 2023 à juillet 2025
Y a t-il un lien dans ce que je suis devenue aujourd’hui, entre mon expérience dans la pratique du Reiki et mon retour vers l’écriture iconographique ?
J’ai repris l’iconographie dans un petit atelier, non loin de mon domicile.
Ce sont des circonstances de rencontres amicales tout à fait improbables qui m’ont remise sur le chemin. J’ai retrouvé non par hasard, l’iconographe professionnel de cet atelier. Après avoir vécu ces synchronicités je suis revenue vers mon expérience artistique d’avant…
La coïncidence des événements m’a vraisemblablement tracé un chemin magique et enchanteur qui me comble encore aujourd’hui.
En effet, il me suffit d’observer toutes les avancées de l’une et de l’autre de ces deux expériences vécues en simultanées, l’art dans la pratique du Reiki d’une part et l’écriture iconographique d’art sacré d’autre part, pour faire la lumière sur ma transformation.
Mon inscription dans cet atelier et quelques notions sur l’iconographie :
La préparation du support :
Tout commence par la préparation du support, une planche de bois de tilleul ou de chêne. Cette préparation de la planche consiste en plusieurs étapes de passage de colle naturelle avec une toile de coton naturel adhérant parfaitement au support bois. L’opération ultime consiste à préparer le Levkas, c’est-à-dire l’enduit qui constituera le support définitif prêt à peindre (mélange de colle naturelle et de blanc de Meudon chauffé). Ce mélange est appliqué en sept couches successives. Le but de cette étape est d’obtenir une surface parfaitement lisse, prête à recevoir le dessin préparatoire.
Le dessin préparatoire :
Le dessin demande un travail préalable d’étude et de perception du modèle choisi afin de créer le contact énergétique entre soi et l’image sacrée.
J’ai réalisé en seconde étape technique, un poncif (modèle reproduit) en calquant mon dessin sur papier, et en tamponnant le verso du calque de pigment rouge en poudre. Le tracé du dessin est ensuite reporté sur la surface de la planche en retournant le calque et en repassant les lignes à l’aide d’une pointe arrondie. Le dessin s’imprime alors sur la surface de l’icône.
Ensuite l’on repasse sur les contours au pinceau avec une couleur diluée à l’eau, de préférence en teinte rouge. Puis à l’aide d’une pointe sèche, on grave les contours du dessin d’une simple incision dans l’épaisseur du Levkas.
La dorure :
Je n’ai pas moi-même réalisé la dorure à l’or fin. Technique laborieuse demandant des années de talent et de pratique.
La mise en couleurs :
Les pigments sont d’origine minérale ou végétale.
J’ai réalisé la technique habituelle pour la préparation des couleurs à savoir la détrempe à l’œuf. Le jaune d’œuf est le liant idéal pour les pigments.
La peinture des visages et des mains :
Elle vient en dernier. C’est la technique la plus difficile. Elle demande une exécution très soignée car « le visage et le regard sont la partie la plus noble du corps humain où se reflète l’esprit ».
J’ai recouvert toute la surface du visage et des mains en trois couches avec une base plutôt foncée appelée proplasme déposé en grandes flaques de peinture assez diluée, mais assez riche en pigments pour ne pas être transparente.
Si les traits du visage ne sont plus visibles, on les retrace avec le calque, ce que j’ai dû faire partiellement à plusieurs reprises. A ce moment-là, pour un profane, les traits du dessin initial semblent disparaître. Tout est devenu comme un nuage de teinte brune foncée. Notre main, et notre intériorité surtout, lui redonneront le souffle en réanimant les traits cachés sous les pigments. Avec foi et confiance.
Une révélation : La remontée de lumière du visage, du cou, des mains des cheveux :
J’ai démarré la première partie de cette étape avec émotion, ressentant intimement cet instant de vérité et d’humilité vis à vis de mon propre chemin de conscience depuis l’ombre de ma nature humaine pour remonter vers la lumière et l’éveil, vers ma pleine lucidité.
Difficile à mettre en mots ces instants d’écriture iconographique qui fait remonter l’émotion face à notre propre part d’oubli et d’ombre. Vais-je y arriver ?
J’ai pu travailler trois couches pour faire remonter la lumière.
A ce niveau l’écriture est difficile car au final, la remontée de lumière doit sembler provenir de l’intérieur même du personnage et l’illuminer, sans créer d’ombre, dans le dessin ultime.
La technique iconographique nous ramène à notre solitude. Elle est d’une portée symbolique profonde et réelle : il s’agit bien là de notre réalité dans notre chemin de conscience, nous le vivons seul.
Du point zéro : c’est-à-dire l’ombre de notre nature humaine qui vient faire l’expérience de sa venue sur la Terre pour évoluer et retrouver notre part spirituelle primordiale.
Sur l’icône lors de la dixième et dernière partie technique de la remontée de lumière, on pose des traits de lumière très vifs avec du blanc pur sur certaines parties du visage, ce qui le rend extrêmement lumineux, comme s’ils étaient éclairés de l’intérieur.
Rapprochement avec le Reiki :
J’ai ressenti dans la réalisation de la remontée en lumière de mon icône un rapprochement avec le ressenti dans ma pratique Reiki, dans les initiations et la transmission.
La voie initiatique est un pélerinage vers la connaissance de soi, vers notre guérison de l’âme.
Il s’agit bien là d’un voyage en conscience, vers notre part divine, de l’autre côté du miroir de l’illusion et de l’imaginaire, au plus près de notre multi dimensionnalité.
Le Reiki est pour moi concrètement et dans mon quotidien un extraordinaire support.
Ne sommes-nous pas dans les deux cas en vibration et en résonance énergétique tout en étant un interprète et un enchanteur de l’invisible ?



